Ascension du Huayna-Potosi (6088 mètres)
Après avoir voyagé à travers la Bolivie, pays qui dispose d’une variété de paysages hors du commun que toute personne se doit d’admirer au moins une fois dans sa vie, j’ai décidé de me lancer dans l’ascension d’un 6000 mètres. Quelle ne fût pas ma surprise lorsque, arrivé à La Paz, on me proposa l’ascension du Huayna Potosi dont le sommet culmine à 6088 mètres. S’en suit une longue nuit de préparation pour rassembler le matériel nécessaire à la marche et à l’escalade du glacier.

Jour 1 :
Une fois levé, à 8 h OO du matin, direction l’agence qui nous déposera au pied du premier refuge à 4700 mètres. Là bas, on se met en tenue d’alpiniste avant de marcher 2 petites heures jusqu’au glacier. Au programme : Marche avec les crampons, escalade au piolet et descente en rappel. S’en suit donc 3 heures d’intense exercice avant de retourner au refuge exténué. L’altitude ne m’affecte pas particulièrement mais il faut aussi préciser que j’ai déjà été 300 mètres plus haut, ce qui facilite grandement la tâche. La nuit, quand à elle, se passe sans soucis dans mon sac de couchage – 8°C acheté au Pérou.
Jour 2 :
La journée commence par un bon petit déjeuner ainsi qu’une minutieuse préparation des sacs qui vont devoir contenir les
chaussures à crampons, les crampons, le harnais, le piolet et tout le matériel normal nécessaire à une ascension. Il est donc presque inutile de préciser que les 16-17 Kilos sont atteints et que la montée de 4 heures qui s’en suit est difficile. De plus sur un terrain caillouteux, en pente et sur lequel un chemin serait bien utile, les glissades ne se font pas rares et j’y ai vu le vide de très près. Des condors aussi mais d’un peu plus loin. Je savais au début que ce serait difficile et c’est à bout de forces qu’on arrive en haut. Le maté de coca est bienvenu ainsi que le bon repas de midi. Plus tard dans la journée le ciel se couvre… en dessous de nous. Et oui on est au dessus des nuages à 5200 mètres et le panorama est magnifique. Nous nous couchons car le levé est prévu à 1h00 le lendemain pour accéder au sommet.
Jour 3 :
Dur dur de ce lever à 1h00 du matin. On laisse les sacs au refuge car 900 mètres à monter avec 16 kilos relèverait de l’impossible… pour moi en tout cas.
On met les crampons, 2 t-shirts, 2 pulls, une doudoune en plume de canard et LA veste gore tex Lowe Alpine (ce n’est pas pour faire de la pub J) et c’est parti. On s’attache grâce à une corde qui pénètre via nos harnais et on commence à marcher. Un ciel étoilé à en faire pâlir un astronaute, une neige à en dégouter un skieur et un froid à en déplumer un canard nous accompagne tout au long de cette ascension. Il me faut 4 heures pour commencer à sentir la fatigue parmi un délice de paysages recouverts de neige et sous la lumière des étoiles. Il me semble même apercevoir la voie lactée, ce qui n’est pas très étonnant à cette altitude. Le plus dur fût entre 5600 et 5800 mètres, où le coup de barre ce fît vraiment ressentir. J’ai vraiment souffert et l’abandon était une option que je considérais.
Mais la volonté de toucher la cime était plus forte et malgré la fatigue, les 200 derniers mètres furent plus faciles. Le soleil fît son apparition en guise de motivation sur les 50 derniers mètres et on pouvait voir les deux versants de la montagne pendant quelques derniers mètres en marchant sur la crête. Un étrange mélange de beauté qui ne me fît regretter en aucun cas cette ascension quelque peu sportive. La chose la plus folle que j’ai pu faire jusqu’à aujourd’hui, mais voir le levé de soleil depuis 6088 mètres n’est pas une chose donnée (et accessible) à tout le monde.
Alors à vos chaussures les trekkeurs, prenaient un billet pour l’Amérique du sud et laisser vous tenter par une magnifique ascension qui ne vous laissera pas sans souvenirs.